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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Lun Sep 18, 2017 4:46 pm 
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Con el pesimismo de la razón pero sin el optimismo de la voluntad.
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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Lun Sep 18, 2017 5:28 pm 
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De l’aliénation jusqu’à la fin de vie


Citar:
L’aliénation, selon la traduction de l’allemand Entfremdung, est la situation de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses, sociétales, « environnementales » …), cesse de s’appartenir, est traité comme une chose, jusqu’à devenir esclave des choses et des « conquêtes » de l’humanité qui se retournent contre lui.


Voici ce qu’écrivit Diogène de Sinope (1), qui fut un temps esclave, il y a plus de deux millénaires :

« -Tu oublies, ce me semble, Diogène, que si les autres font quelque chose pour moi, ce sont, ou des esclaves que je nourris pour cela, ou des hommes libres, qui reçoivent de moi le salaire de leurs travaux.

- Il s’en faut encore beaucoup, mon cher Philomedon, que cela te mette hors d’embarras... Qui t’a donné le droit de considérer comme ton bien, des hommes, que la nature a faits tes égaux ?... Les lois, diras-tu... Ce n’est certainement pas la loi naturelle ; mais des lois, qui ne doivent leur force obligatoire qu’à ce même contrat sur lequel repose tout l’édifice de la société. Car, sans cela, qui pourrait astreindre tes esclaves à une obéissance, qu’ils méconnaîtront bientôt, s’ils n’étaient retenus par une puissance aussi redoutable ? ... et parmi tant d’hommes nés libres, qui travaillent pour toi afin d’obtenir un salaire, penses-tu qu’il y ait un seul qui ne s’en dispensât pas volontiers, si l’impérieuse loi de la nécessité ou le désir de s’enrichir, ne le rendait pas ton esclave volontaire ? »

En 1839, Félicité de Lamennais publia L’esclave moderne :

« Qu’était l’esclave à l’égard du maître ? Un intérêt de travail, une partie, et la plus précieuse, de sa propriété. Le droit reçu attachait radicalement à l’esclave ce caractère de chose possédée, et la contrainte physique le forçait à l’obéissance. Des chaînes et des verges étaient la sanction de ce droit monstrueux de l’homme sur l’homme.

Qu’est aujourd’hui le prolétaire à l’égard du capitaliste ? Un instrument de travail. Affranchi par le droit actuel, légalement libre de sa personne, il n’est point, il est vrai, la propriété vendable, achetable de celui qui l’emploie. Mais cette liberté n’est que fictive. Le corps n’est point esclave, mais la volonté l’est. Les chaînes et les verges de l’esclave moderne, c’est la faim. [...]

La nécessité de vivre rend donc le prolétaire dépendant du capitaliste, le lui soumet irrésistiblement, car dans la bourse de celui-ci est la vie de celui-là. [...] Le prolétaire dépend, en second lieu, du capitaliste, quant à la quotité du salaire. Ce n’est pas qu’il ne puisse le débattre ; mais le capitaliste pouvant toujours attendre, tandis que le travailleur ne le peut pas, et dès lors, maître des conditions du contrat réciproque, fixe seul, en réalité, sauf la concurrence entre les capitalistes eux-mêmes, le salaire ou le prix du travail. »

Cinq ans plus tard, Marx, dans Les Manuscrits de 1844, s’intéressa à l’aliénation du travail :

« Le travail produit des merveilles pour les riches, mais il produit le dénuement pour l’ouvrier. Il produit des palais, mais des tanières pour l’ouvrier. Il produit la beauté, mais l’étiolement pour l’ouvrier. Il remplace le travail par des machines, mais il rejette une partie des ouvriers dans un travail barbare et fait de l’autre partie des machines. [...] Son travail n’est donc pas volontaire, mais contraint, c’est du travail forcé. Il n’est donc pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. [...] Le caractère extérieur à l’ouvrier du travail apparaît dans le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre, qu’il ne lui appartient pas ; que dans le travail l’ouvrier ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. »

Et alors en 2017 ? Ben tout va pour le mieux, avec l’apport manifeste de la « révolution numérique », les dividendes sont plantureux...

Quand un doigt effleure l’écran tactile, à l’autre bout de la chaîne, un salarié, un « là-pour-ça », se plie déjà aux désirs du client... Le meilleur coursier, c’est l’auto-entrepeneur : payé à la tâche, c’est l’idéal !

Il paraît que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit.

La formule, bien que belle, ne saurait faire oublier une réalité moins avantageuse. Déjà le lieu de naissance, le milieu social des parents conditionnent l’avenir. Pour la plupart, à partir de la naissance, de la délivrance, l’aliénation commence. L’être humain croit s’appartenir : il n’en est rien !

Cette dépendance ne concerne pas que le travail durant lequel le prolétaire est aliéné par le capital.

Qu’il ne compte pas sur la compassion de ses semblables. Comme il y avait dans l’antiquité des esclaves d’esclaves, le prolétaire est soumis au bon vouloir du client, qui peut être lui-même assujetti.

À qui appartient-on si on ne s’appartient pas ?

Il fut un temps où le premier de la descendance était pour l’armée, le deuxième pour l’Église. Pendant le travail, vous appartenez donc au capital. Pendant vos loisirs, vos achats, aussi car il connaît déjà tout de vous. Il sait anticiper vos désirs : normal, c’est une question de réflexes pavloviens. Vous souhaitez une information accessible : pas de problème, il y pourvoit. Un bon tiers d’insignifiance, un tiers de simplification, un tiers de manipulation, un tiers d’innovation « technologique ».

C’est chouette l’innovation « technologique » : elle a toujours une partie émergée bien flatteuse, et une partie cachée prometteuse.

Certes, avec tout cela, vous aurez grand peine à exercer votre libre arbitre : à quoi bon s’intéresser à un mot désuet, à une veille lubie ? De toute façon, on parle de libertés. Au pluriel pour mieux signifier toutes les restrictions !

Maintenant, à part au capital, on appartient aussi à l’État.

Avant ses deux ans, le futur citoyen aura droit à onze vaccins obligatoires. En dehors de cela, le nouvel être devra être immunisé contre toutes les pollutions... car l’État s’intéresse plus au droit des affaires qu’au droit à la santé !

Vous vous croyez électeurs, citoyens avec un rôle décisionnel : on ne fait que solliciter votre consentement. Si votre avis est demandé, rassurez-vous, en cas de désaccord, il sera jeté aux oubliettes. On vous demande de choisir des élus, mais jamais de définir ce que vous entendez par République.

Au tréfonds de chacun, il y a plus qu’un patrimoine génétique : c’est votre essence. Mais celui-ci ne vous appartient déjà plus. En effet, les prélèvements ADN viennent alimenter des bases de données toujours plus volumineuses. Pour un oui, et surtout pour un non, hop ! prélèvement. Vous refusez d’accorder votre « consentement obligatoire » : hop ! poursuites judiciaires.

Le Meilleur des Mondes est en bonne voie : d’ici peu, chaque nouveau-né aura droit à son petit prélèvement. Une petite goutte de bébé, mais un grand pas pour l’Humanité.

Durant toute votre vie vous ne serez qu’un sujet, au mieux, une chose, au pire.

Le monde capitaliste exalte l’individualisme, pourtant la dignité humaine est la grande absente.

Vivre pleinement, librement, c’est satisfaire ses besoins essentiels. C’est apprécier, partager les choses qui n’ont pas de prix. C’est connaître la sérénité.

Celui qui se sait condamné par une maladie invalidante, incurable, mortelle à brève échéance, qui voit sa clepsydre se vider, sa flamme vaciller, connaîtra-t-il une relative quiétude, une totale liberté quant à sa destinée, quant à sa fin de vie ?

Non ! Il aura droit seulement à un mort indigne sous sédatif !

Vos données, votre correspondance, votre vie, votre fin de vie ne vous appartiennent plus.

Vous appartenez à l’État, il vous interdit l’euthanasie. Vous ne serez pas libre, ni du lieu, ni de la date. Si vous voulez connaître cette liberté, il vous faudra connaître l’exil : facile « à un moment où vous êtes émotionnellement fragiles. [... En plus,] l’équipe d’En Marche a répondu que les questions éthiques et sociétales n’étaient pas une priorité » (2).

Ave Jupiter, morituri te salutant [ceux qui vont mourir te saluent].

Le droit à l’euthanasie n’est pas un hymne à la mort, mais bien au contraire une ode à la vie : « le devoir de penser sa propre mort » pour mieux penser « le goût de vivre » (2)...

« Il est incertain où la mort nous attende : attendons-la partout. La préméditation [ = méditation anticipée] de la mort est la préméditation de la liberté : qui a appris à mourir, il a désappris à servir ; le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. » (3)

De la conservation de traditions arriérées en glissement progressif, de renoncements en révolutions « passives », la Démocrature, le « délicieux despotisme » s’installent dangereusement, pendant que les étals regorgent de tant de choses dispensables...

Si c’est ici le monde libre, que sont donc les autres ?

Le maquillage est le linceul du talent, comme la communication celui de la Liberté.

Vous commencerez à vous appartenir dès l’instant où vous direz, à toutes ces prétendues révolutions, « non ! »

« Personne »
plus du côté « des fainéants, des cyniques, des extrêmes », que « des rentiers, des outrecuidants, des exploiteurs » (4).

26 fructidor an 225

(1) Socrate en délire, ou dialogue de Diogène de Sinope, chap. 27

(2) Propos d’Anne BERT, auteur de Le tout dernier été (à paraître en octobre)

(3) Essais de Montaigne, livre I, chap. XX

(4) Sens premier de cynique : qui appartient à l’école philosophique d’Antisthène et de Diogène (mépris des richesses, des conventions sociales, de l’opinion publique, des apparences, des réputations, de la réussite sociale, des conformismes, exaltation de la volonté, recherche du bonheur simple,...).

Au sujet de l’oisiveté et de l’extrémisme (« doctrine poussée à ses conséquences extrêmes »), les rentiers et les capitalistes sont des maîtres...

URL de cet article 32297
https://www.legrandsoir.info/de-l-alien ... e-vie.html

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Mar Sep 19, 2017 4:43 pm 
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Esa "idilica" Europa por la cual suspira Macron.

La Eurocámara censura una exposición de viñetas sobre el 60 aniversario de la UE

Citar:
El Parlamento Europeo ha censurado 12 de las 28 caricaturas que debían exponerse en la exhibición ‘La UE cumple 60: una fiesta de viñetas’, organizada por eurodiputados de la Izquierda Unitaria Europea.



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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Mar Sep 19, 2017 5:30 pm 
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http://www.lci.fr/politique/mobilisatio ... 64800.html

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Mar Sep 19, 2017 7:15 pm 
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Perdonar siempre, olvidar jamás.
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No me extraña.

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Editado por la administración por insinuar que existió una cosa llamada eta.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 4:30 am 
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Mucha gente hoy en Paris contra Macron y sus reformas. Resistance y Unidad entre varias formaciones de izquierda. La lucha se esta organizando, es solo el principio.


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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 10:36 am 
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Aqui pueden apreciar mejor el ambiente que se respiraba ayer en Paris con "La France Insoumise".


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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 11:58 am 
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As usual, si no te gano al póker, tiro de pipa y te atraco.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 12:23 pm 
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De l’aliénation jusqu’à la fin de vie


Citar:
L’aliénation, selon la traduction de l’allemand Entfremdung, est la situation de l’individu qui, par suite des conditions extérieures (économiques, politiques, religieuses, sociétales, « environnementales » …), cesse de s’appartenir, est traité comme une chose, jusqu’à devenir esclave des choses et des « conquêtes » de l’humanité qui se retournent contre lui.


Voici ce qu’écrivit Diogène de Sinope (1), qui fut un temps esclave, il y a plus de deux millénaires :

« -Tu oublies, ce me semble, Diogène, que si les autres font quelque chose pour moi, ce sont, ou des esclaves que je nourris pour cela, ou des hommes libres, qui reçoivent de moi le salaire de leurs travaux.

- Il s’en faut encore beaucoup, mon cher Philomedon, que cela te mette hors d’embarras... Qui t’a donné le droit de considérer comme ton bien, des hommes, que la nature a faits tes égaux ?... Les lois, diras-tu... Ce n’est certainement pas la loi naturelle ; mais des lois, qui ne doivent leur force obligatoire qu’à ce même contrat sur lequel repose tout l’édifice de la société. Car, sans cela, qui pourrait astreindre tes esclaves à une obéissance, qu’ils méconnaîtront bientôt, s’ils n’étaient retenus par une puissance aussi redoutable ? ... et parmi tant d’hommes nés libres, qui travaillent pour toi afin d’obtenir un salaire, penses-tu qu’il y ait un seul qui ne s’en dispensât pas volontiers, si l’impérieuse loi de la nécessité ou le désir de s’enrichir, ne le rendait pas ton esclave volontaire ? »

En 1839, Félicité de Lamennais publia L’esclave moderne :

« Qu’était l’esclave à l’égard du maître ? Un intérêt de travail, une partie, et la plus précieuse, de sa propriété. Le droit reçu attachait radicalement à l’esclave ce caractère de chose possédée, et la contrainte physique le forçait à l’obéissance. Des chaînes et des verges étaient la sanction de ce droit monstrueux de l’homme sur l’homme.

Qu’est aujourd’hui le prolétaire à l’égard du capitaliste ? Un instrument de travail. Affranchi par le droit actuel, légalement libre de sa personne, il n’est point, il est vrai, la propriété vendable, achetable de celui qui l’emploie. Mais cette liberté n’est que fictive. Le corps n’est point esclave, mais la volonté l’est. Les chaînes et les verges de l’esclave moderne, c’est la faim. [...]

La nécessité de vivre rend donc le prolétaire dépendant du capitaliste, le lui soumet irrésistiblement, car dans la bourse de celui-ci est la vie de celui-là. [...] Le prolétaire dépend, en second lieu, du capitaliste, quant à la quotité du salaire. Ce n’est pas qu’il ne puisse le débattre ; mais le capitaliste pouvant toujours attendre, tandis que le travailleur ne le peut pas, et dès lors, maître des conditions du contrat réciproque, fixe seul, en réalité, sauf la concurrence entre les capitalistes eux-mêmes, le salaire ou le prix du travail. »

Cinq ans plus tard, Marx, dans Les Manuscrits de 1844, s’intéressa à l’aliénation du travail :

« Le travail produit des merveilles pour les riches, mais il produit le dénuement pour l’ouvrier. Il produit des palais, mais des tanières pour l’ouvrier. Il produit la beauté, mais l’étiolement pour l’ouvrier. Il remplace le travail par des machines, mais il rejette une partie des ouvriers dans un travail barbare et fait de l’autre partie des machines. [...] Son travail n’est donc pas volontaire, mais contraint, c’est du travail forcé. Il n’est donc pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. [...] Le caractère extérieur à l’ouvrier du travail apparaît dans le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre, qu’il ne lui appartient pas ; que dans le travail l’ouvrier ne s’appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. »

Et alors en 2017 ? Ben tout va pour le mieux, avec l’apport manifeste de la « révolution numérique », les dividendes sont plantureux...

Quand un doigt effleure l’écran tactile, à l’autre bout de la chaîne, un salarié, un « là-pour-ça », se plie déjà aux désirs du client... Le meilleur coursier, c’est l’auto-entrepeneur : payé à la tâche, c’est l’idéal !

Il paraît que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit.

La formule, bien que belle, ne saurait faire oublier une réalité moins avantageuse. Déjà le lieu de naissance, le milieu social des parents conditionnent l’avenir. Pour la plupart, à partir de la naissance, de la délivrance, l’aliénation commence. L’être humain croit s’appartenir : il n’en est rien !

Cette dépendance ne concerne pas que le travail durant lequel le prolétaire est aliéné par le capital.

Qu’il ne compte pas sur la compassion de ses semblables. Comme il y avait dans l’antiquité des esclaves d’esclaves, le prolétaire est soumis au bon vouloir du client, qui peut être lui-même assujetti.

À qui appartient-on si on ne s’appartient pas ?

Il fut un temps où le premier de la descendance était pour l’armée, le deuxième pour l’Église. Pendant le travail, vous appartenez donc au capital. Pendant vos loisirs, vos achats, aussi car il connaît déjà tout de vous. Il sait anticiper vos désirs : normal, c’est une question de réflexes pavloviens. Vous souhaitez une information accessible : pas de problème, il y pourvoit. Un bon tiers d’insignifiance, un tiers de simplification, un tiers de manipulation, un tiers d’innovation « technologique ».

C’est chouette l’innovation « technologique » : elle a toujours une partie émergée bien flatteuse, et une partie cachée prometteuse.

Certes, avec tout cela, vous aurez grand peine à exercer votre libre arbitre : à quoi bon s’intéresser à un mot désuet, à une veille lubie ? De toute façon, on parle de libertés. Au pluriel pour mieux signifier toutes les restrictions !

Maintenant, à part au capital, on appartient aussi à l’État.

Avant ses deux ans, le futur citoyen aura droit à onze vaccins obligatoires. En dehors de cela, le nouvel être devra être immunisé contre toutes les pollutions... car l’État s’intéresse plus au droit des affaires qu’au droit à la santé !

Vous vous croyez électeurs, citoyens avec un rôle décisionnel : on ne fait que solliciter votre consentement. Si votre avis est demandé, rassurez-vous, en cas de désaccord, il sera jeté aux oubliettes. On vous demande de choisir des élus, mais jamais de définir ce que vous entendez par République.

Au tréfonds de chacun, il y a plus qu’un patrimoine génétique : c’est votre essence. Mais celui-ci ne vous appartient déjà plus. En effet, les prélèvements ADN viennent alimenter des bases de données toujours plus volumineuses. Pour un oui, et surtout pour un non, hop ! prélèvement. Vous refusez d’accorder votre « consentement obligatoire » : hop ! poursuites judiciaires.

Le Meilleur des Mondes est en bonne voie : d’ici peu, chaque nouveau-né aura droit à son petit prélèvement. Une petite goutte de bébé, mais un grand pas pour l’Humanité.

Durant toute votre vie vous ne serez qu’un sujet, au mieux, une chose, au pire.

Le monde capitaliste exalte l’individualisme, pourtant la dignité humaine est la grande absente.

Vivre pleinement, librement, c’est satisfaire ses besoins essentiels. C’est apprécier, partager les choses qui n’ont pas de prix. C’est connaître la sérénité.

Celui qui se sait condamné par une maladie invalidante, incurable, mortelle à brève échéance, qui voit sa clepsydre se vider, sa flamme vaciller, connaîtra-t-il une relative quiétude, une totale liberté quant à sa destinée, quant à sa fin de vie ?

Non ! Il aura droit seulement à un mort indigne sous sédatif !

Vos données, votre correspondance, votre vie, votre fin de vie ne vous appartiennent plus.

Vous appartenez à l’État, il vous interdit l’euthanasie. Vous ne serez pas libre, ni du lieu, ni de la date. Si vous voulez connaître cette liberté, il vous faudra connaître l’exil : facile « à un moment où vous êtes émotionnellement fragiles. [... En plus,] l’équipe d’En Marche a répondu que les questions éthiques et sociétales n’étaient pas une priorité » (2).

Ave Jupiter, morituri te salutant [ceux qui vont mourir te saluent].

Le droit à l’euthanasie n’est pas un hymne à la mort, mais bien au contraire une ode à la vie : « le devoir de penser sa propre mort » pour mieux penser « le goût de vivre » (2)...

« Il est incertain où la mort nous attende : attendons-la partout. La préméditation [ = méditation anticipée] de la mort est la préméditation de la liberté : qui a appris à mourir, il a désappris à servir ; le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. » (3)

De la conservation de traditions arriérées en glissement progressif, de renoncements en révolutions « passives », la Démocrature, le « délicieux despotisme » s’installent dangereusement, pendant que les étals regorgent de tant de choses dispensables...

Si c’est ici le monde libre, que sont donc les autres ?

Le maquillage est le linceul du talent, comme la communication celui de la Liberté.

Vous commencerez à vous appartenir dès l’instant où vous direz, à toutes ces prétendues révolutions, « non ! »

« Personne »
plus du côté « des fainéants, des cyniques, des extrêmes », que « des rentiers, des outrecuidants, des exploiteurs » (4).

26 fructidor an 225

(1) Socrate en délire, ou dialogue de Diogène de Sinope, chap. 27

(2) Propos d’Anne BERT, auteur de Le tout dernier été (à paraître en octobre)

(3) Essais de Montaigne, livre I, chap. XX

(4) Sens premier de cynique : qui appartient à l’école philosophique d’Antisthène et de Diogène (mépris des richesses, des conventions sociales, de l’opinion publique, des apparences, des réputations, de la réussite sociale, des conformismes, exaltation de la volonté, recherche du bonheur simple,...).

Au sujet de l’oisiveté et de l’extrémisme (« doctrine poussée à ses conséquences extrêmes »), les rentiers et les capitalistes sont des maîtres...

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Por ejemplo, esclavos del nacionalismo excluyente.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 1:47 pm 
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De l’aliénation jusqu’à la fin de vie

Por ejemplo, esclavos del nacionalismo excluyente.


:lol:

De quoi tu parles ? Estas obsesionado con el nacionalismo.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Dom Sep 24, 2017 2:04 pm 
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Totalmente obsesionado, lo rechazo tanto como al fascismo, porque son primos hermanos y van siempre de la mano.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Vie Sep 29, 2017 3:39 pm 
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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Vie Sep 29, 2017 3:42 pm 
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"Macron dégage, la France n'est pas à toi", gritaban los estudiantes

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Ultima edición por Daroti el Vie Sep 29, 2017 4:48 pm, editado 1 vez en total

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Vie Sep 29, 2017 3:46 pm 
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Oui, c’est la rue qui fabrique la démocratie



Citar:
Fabrice AUBERT

Il était une fois dans le Pays aux 5 Révolutions (1), un Président monarque, très mal élu (2), et qui sur terre, se faisait appeler Jupiter.

Il voulut imposer des « ordonnances » tueuses de droits, dénonçant les « manifestations de rue », présentées comme non démocratiques.

Faut-il rappeler à la médiacratie que sans les « manifestations de rue », la démocratie n’aurait jamais émergé dans aucun Pays au monde…

Ce sont les révoltes d’esclaves de Spartacus, qui pour la première fois dans l’Histoire, ont posé les jalons de l’Histoire de l’émancipation humaine,

C’est le 16 Décembre 1773, que le « tea party » de Boston refusant la taxation anglaise, déclencha la Révolution américaine, boutant les colonisateurs,

C’est le peuple en arme, qui le 14 Juillet, en s’emparant de la Bastille, engendra la « Grande Révolution », symbole universel de démocratie,

Ce sont les paysans armés de fourches qui attaquant les châteaux en Province, obligèrent les nobles à abolir leurs privilèges dans la nuit du 4 Aout,

C’est la « marche des femmes », le 5 Octobre 1789 qui ramena le Roi à Paris, pour l’obliger de régler le problème de la disette du peuple,

Confronté à la restauration, c’est encore le « peuple des barricades » qui en 1830, permis le retour de la démocratie et de la république,

Le tableau de Delacroix « la liberté guidant le peuple » est l’œuvre indélébile de cette irruption du peuple comme acteur, structurant l’Histoire,

Il fallut une fois encore, que le peuple se remette à l’ouvrage lors de la Révolution de 1848, dont K.Marx, fut le rédacteur précieux et incontournable (3)

C’est aussi en 1871, que le « peuple de Paris » imagina une société sans classe, développant le concept d’égalité, Révolution réprimée dans le sang,

Ce sont les « suffragettes des rues » qui dès 1903, manifestent, troublant l’ordre public pour obtenir le droit de vote, droit enfin reconnu en 1918,

C’est encore et toujours la rue, qui en 1906 (4), imposa au pouvoir, la création d’un ministère du travail débouchant sur le code du travail de 1910,

C’est en bloquant les usines et en manifestant dans les rues, que les premiers congés payés pour les prolétaires furent obtenus, en 1936,

C’est encore le « peuple en armes » qui rentra en Résistance insurrectionnelle, en 1945, sous la bannière éclatante « Les jours heureux ».

Dès les années 50, ce sont les « manifestations des femmes » qui ont obligé le pouvoir à faire adopter une loi légalisant le droit à l’avortement,

Ce sont les manifestations noires des années 60 qui permirent de déboucher sur un début d’égalité des droits aux Etats-Unis, « I have a dream » (5)

En 1968, c’est toujours le peuple en mouvement, qui obligea la bourgeoise à signer les accords de progrès social, dont tout le monde bénéficia,

En 1989, ce sont les « manifestations des peuples » qui, pierre par pierre, détruisent le mur de Berlin, favorisant la réunification de l’Allemagne,

A contrario, c’est quand le « poids de la rue » est insuffisant que reculs sociaux et politiques se matérialisent, car la démocratie est « lutte de classes »

Sur les retraites, l’emploi, les salaires, le code du travail, tant de reculs sociaux favorables à l’oligarchie, portant atteinte à la démocratie du peuple.

Alors, à tous ces bourgeois frileux qui ne voient la démocratie que dans le cadre des lois votées dans un parlement feutré « d’élus des apparences »,

Rappelons l’idée de Montesqieu : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice »,

Oui, au-delà des apparences trompeuses de la propagande médiatique, c’est bien la rue qui fabrique la démocratie et défends la République,

Le 25 Septembre 2017

Fabrice
militant U.G.I.C.T-C.G.T


Para ti Rezz, la frase surlignée.

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 Asunto: Re: Elecciones Presidenciales en Francia
NotaPublicado: Vie Sep 29, 2017 4:59 pm 
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Traducción al español por Huan Manwe